Arak

L’Arak, également connu comme raki en Turquie, est une liqueur originaire du Moyen Orient ou de la Méditerranée avec un goût à l’anis et assez similaire à celui de l’ouzo de la Grèce, mais tout de même un peu plus fort. L’Iran, la Syrie, le Liban, Israël, la Turquie et la Jordanie produisent tous différentes variétés d’Arak. Le nom de cette boisson dérive du mot “arak” qui signifie jus ou sueur en arabe. Le mot sueur est plus approprié vu que la “sueur” du distillat se condense pour former le “jus” ou l’Arak dans le récipient de condensation. À la base, il s’agit d’une boisson distillée à partir de la pulpe du raisin ou de la mélasse.

L’Arak est traditionnellement distillé dans des alambics en cuivre à travers un procédé de double distillation. La première distillation ressemble à celle que l’on réalise pour obtenir de l’eau-de-vie portugaise (consultez notre document sur l’Expérience Portugaise). C’est une eau-de-vie transparente dont le distillat a un volume d’alcool de 45 à 50%. D’ailleurs, c’est pendant cette seconde distillation que l’Arak obtient un goût particulier. L’anis est placé dans l’alambic avec le distillat et sa distillation se réalise très lentement. La distillation lente et le contrôle du taux d’anis donnés au distillat sont le secret pour produire un produit d’excellente qualité avec un pourcentage d’alcool de 69 et de 71%. La majorité préfère utiliser « l’Alquitarra», à cause de son procédé de distillation lent.

Cette boisson est servie avec de l’eau diluée, ce qui lui donne une couleur blanche. Cette caractéristique avec sa concentration élevée d’alcool a donné naissance au nom “lait de lions”. Normalement, elle est accompagnée d’apéritifs connus comme “mezza”, similaires aux tapas (traditionnels en Espagne), ou elle est servie dans des barbecues et bue avec de l’eau. Dans le Moyen-Orient, les distillateurs des populations locales ont l’habitude de faire une fête pendant qu’ils distillent l’Arak qui sera bien évidemment accompagné par le “mezza”.

Cependant, il existe de nombreuses variétés d’Arak dans le Moyen-Orient et on peut utiliser des graines, de la mélasse, des prunes, des figues et des pommes de terre dans leur distillation. Lorsqu’il est embouteillé, le volume d’alcool de l’Arak peut varier de 53% à 60%, voire atteindre les 80%.

Au Liban, l’Arak est stocké dans des jarres d’argile (tradition qui remonte à l’époque des Phéniciens). C’est ainsi que l’on retire les impuretés de l’Arak et qu’il devient mûr dans des jarres d’argile dont le vieillissement lui donne une caractéristique spéciale. La boisson appelée « part des anges » peut perdre 3 à 4% de volume d’alcool pendant le procédé de la distillation.